Reykjavik et Sud-Ouest
Porte d'entrée de l'Islande autour de Reykjavik, du Cercle d'Or et de la péninsule volcanique de Reykjanes, praticable toute l'année en 2 à 3 jours.
Reykjavik et sa région concentrent l'arrivée de presque tous les voyageurs qui posent le pied en Islande. L'aéroport international de Keflavik se trouve à 50 km de la capitale, sur la péninsule de Reykjanes, un plateau volcanique balayé par les vents où la lave noire affleure partout. Depuis 2021, le secteur du Fagradalsfjall et de Sundhnúkur connaît des éruptions répétées : notre équipe suit quotidiennement les bulletins de l'Office météorologique islandais pour adapter les itinéraires, certaines routes pouvant être coupées sans préavis autour de Grindavík.
Reykjavik elle-même rassemble environ 140 000 habitants, et près de 240 000 en comptant la grande banlieue de Kópavogur, Hafnarfjörður et Garðabær, soit les deux tiers du pays. La ville se parcourt à pied en une journée : le centre tient entre le port de Gamla Höfnin, la cathédrale Hallgrímskirkja perchée sur sa colline, et le bord de mer du Sólfar. C'est une capitale basse, en tôle peinte et béton, où le chauffage urbain géothermique alimente toutes les maisons depuis les forages de Hellisheiði. Les piscines de quartier (Laugardalslaug, Sundhöllin, Vesturbæjarlaug) restent ouvertes toute l'année à 38°C dans les bassins extérieurs, y compris quand il neige.
La scène gastronomique de Reykjavik s'est étoffée depuis quinze ans autour du poisson débarqué chaque matin (cabillaud, flétan, lompe), de l'agneau d'estive et des produits laitiers islandais comme le skyr. Comptez 25 à 40 € le plat dans les bonnes tables de Hverfisgata ou Laugavegur, davantage chez Dill ou Moss. Le café est devenu une affaire sérieuse : Reykjavík Roasters, Kaffibrennslan et Mokka servent un expresso correct, ce qui n'allait pas de soi il y a vingt ans. Côté culture, le Harpa, salle de concert au bord du port, programme l'Orchestre symphonique d'Islande et accueille en novembre le festival Iceland Airwaves.
Au-delà de la ville, le Sud-Ouest se structure autour du Cercle d'Or, une boucle de 230 km que nous bouclons en une journée depuis Reykjavik. Trois sites jalonnent ce parcours : le parc national de Þingvellir, faille tectonique entre les plaques nord-américaine et eurasienne où siégeait l'Althing dès l'an 930 ; la zone géothermique de Geysir, dont le geyser Strokkur jaillit toutes les six à dix minutes ; et la chute de Gullfoss sur la rivière Hvítá, deux paliers et 32 mètres de dénivelé. C'est un tracé fréquenté, surtout entre 11h et 15h en haute saison, et nous conseillons de l'inverser ou de partir tôt pour le faire respirer.
La péninsule de Reykjanes, classée géoparc UNESCO, offre une autre lecture du Sud-Ouest : le pont entre les continents à Sandvík, les fumerolles ocres de Seltún, le phare de Reykjanesviti, et le Blue Lagoon installé dans un champ de lave à Svartsengi. La station thermale reste ouverte selon l'activité sismique ; à l'inverse, le Sky Lagoon à Kópavogur fonctionne en permanence et donne sur l'océan. Au sud-est de la capitale, la vallée de Reykjadalur permet une randonnée de 3 km aller jusqu'à une rivière chaude où l'on se baigne entre 36 et 40°C selon l'endroit où l'on s'assoit.
Économiquement, la région vit du tourisme, de la pêche débarquée à Grindavík et Sandgerði, des services financiers, et de l'énergie : les centrales géothermiques de Hellisheiði et Nesjavellir fournissent l'électricité et l'eau chaude de tout le bassin. Ce modèle est visible depuis la route 1, et nous organisons sur demande des visites du centre d'interprétation de Hellisheiði, utile pour comprendre comment l'Islande chauffe 90% de son habitat sans hydrocarbures.
À découvrir
Faille de Þingvellir. Marche dans le canyon d'Almannagjá, entre les plaques tectoniques qui s'écartent de 2 cm par an. Site du premier parlement islandais en 930, dans un paysage de bouleaux nains et de lac glaciaire.
Strokkur et la chute de Gullfoss. Le geyser Strokkur projette une colonne d'eau bouillante de 15 à 20 mètres toutes les six à dix minutes. À 10 km, Gullfoss tombe en deux paliers dans un canyon où l'arc-en-ciel se forme par temps clair.
Rivière chaude de Reykjadalur. 3 km de montée depuis Hveragerði à travers une vallée fumante, puis baignade en plein air dans une rivière naturellement chauffée entre 36 et 40°C. Compter 3 heures aller-retour.
Péninsule de Reykjanes après éruption. Champs de lave encore tièdes autour de Fagradalsfjall et Sundhnúkur, fumerolles de Seltún, falaises à macareux de Krýsuvíkurberg en juin. Accès soumis aux bulletins sismiques.
Soirée au Harpa et table de Reykjavik. Concert de l'Orchestre symphonique au Harpa, façade en nid d'abeille de verre coloré, puis dîner de poisson du jour ou d'agneau fumé dans une adresse de Hverfisgata.
Quand y aller
La région se visite toute l'année, ce qui n'est pas le cas du reste de l'Islande. De juin à août, les températures oscillent entre 10 et 15°C, avec des journées de 20 à 22 heures de lumière, idéales pour étirer les visites tard le soir et éviter les bus du Cercle d'Or qui saturent entre 11h et 15h. Les pluies restent modérées, 50 à 70 mm par mois, mais le vent peut souffler fort sur Reykjanes. De septembre à mars, les aurores boréales sont visibles par ciel dégagé dès qu'on s'éloigne de quelques kilomètres des lumières de Reykjavik, vers Þingvellir ou la côte de Reykjanes.
De novembre à février, les températures tournent autour de 0°C, parfois jusqu'à -10°C lors d'épisodes anticycloniques, et les journées descendent à 4-5 heures de clarté autour du solstice. Le réseau routier principal (route 1, route 36, route 41 vers l'aéroport) reste praticable toute l'année grâce au déneigement quotidien, contrairement aux Hautes Terres fermées de mi-septembre à juin. Les mois de mars-avril et octobre-novembre sont nos préférés : moins de monde, prix plus doux, et combinaison possible aurores plus randonnées.
Conseils pratiques
Nous recommandons 2 à 3 jours pleins sur la région : une journée pour Reykjavik à pied (Hallgrímskirkja, port, musée national, piscine de quartier), une journée pour le Cercle d'Or, une journée pour Reykjanes ou Reykjadalur selon l'envie de baignade géothermique ou de marche. C'est le point d'entrée logique de tout voyage en Islande puisque tous les vols internationaux atterrissent à Keflavik, à 50 minutes de route du centre-ville. Le réseau routier est bon, les distances courtes, et la conduite ne pose pas de difficulté en dehors des coups de vent.
La région se combine naturellement avec la Côte Sud (Vík, Jökulsárlón) pour un circuit de 6 à 8 jours, ou avec un tour complet par la route 1 incluant le Nord et le lac Mývatn et les Fjords de l'Est, à partir de 10 à 12 jours. Les Fjords de l'Ouest se greffent depuis Reykjavik via le tunnel de Hvalfjörður, en ajoutant 3 à 4 jours. Les Hautes Terres ne sont accessibles qu'en été et exigent un 4x4. Le Sud-Ouest convient à tous les profils : familles avec jeunes enfants (distances courtes, piscines partout), couples contemplatifs, amateurs de gastronomie et de design, ou voyageurs en escale longue qui ne disposent que de 3 à 4 jours.
