Hautes Terres
Désert volcanique de 40 000 km² accessible 10 semaines par an, entre rhyolites de Landmannalaugar, caldeira d'Askja et traversées en 4x4 sur F-roads.
Les Hautes Terres occupent le centre de l'Islande, un plateau volcanique de plus de 40 000 km² inhabité toute l'année. C'est un désert au sens strict : pas de villages, pas de stations-service, pas de couverture mobile sur la majorité du parcours. Les pistes, codées F (F26 Sprengisandur, F35 Kjölur, F208 vers Landmannalaugar), ne s'ouvrent qu'entre fin juin et mi-septembre selon la fonte des neiges, parfois plus tard les années froides. La route administrative est tranchée par le service de la voirie islandaise au cas par cas, c'est nous qui suivons les ouvertures depuis Reykjavik pour ajuster les itinéraires de nos voyageurs.
Géologiquement, on traverse ici la dorsale médio-atlantique à ciel ouvert. Le paysage alterne champs de lave figés d'éruptions récentes (Holuhraun, 2014-2015), déserts de cendre noire de la Sprengisandur, glaciers (Hofsjökull, Langjökull, Vatnajökull en bordure) et zones géothermiques actives. Landmannalaugar, au sud-ouest du massif, doit sa palette à la rhyolite : jaune soufre, vert mousse, brun ferreux, rose pâle. Plus à l'est, le Kerlingarfjöll dresse ses sommets de 1 477 m au-dessus de la vallée géothermique de Hveradalir, où la vapeur sort du sol à plus de 80°C. Au nord-est, la caldeira d'Askja, formée par l'éruption de 1875, abrite le lac Öskjuvatn et le cratère Víti, baignable autour de 22°C selon les saisons.
Aucune culture agricole ne tient ici. Historiquement, les Hautes Terres servaient de raccourci d'été entre le nord et le sud pour les bergers et les hors-la-loi en exil, les útilegumenn, dont les sagas islandaises gardent la trace. Les seuls bâtiments sont des refuges (skálar) gérés par les associations de randonnée Ferðafélag Íslands et Útivist, souvent réservés des mois à l'avance pour les nuits de juillet-août. Quelques fermes de transhumance organisent encore les réttir, le rassemblement des moutons à la mi-septembre, moment où les Hautes Terres se vident pour de bon.
Le trek le plus parcouru est le Laugavegur, 55 km en 4 jours entre Landmannalaugar et Þórsmörk, avec quatre étapes en refuge (Hrafntinnusker, Álftavatn, Emstrur, Þórsmörk). On peut le prolonger par le Fimmvörðuháls, 25 km supplémentaires jusqu'à Skógar sur la côte sud, qui passe entre les glaciers Eyjafjallajökull et Mýrdalsjökull. Le tracé traverse plusieurs gués (Bratthálskvísl, Þröngá) dont le niveau monte en après-midi avec la fonte. Pour les voyageurs qui préfèrent rester en véhicule, nous organisons des traversées Sprengisandur ou Kjölur en 2 à 3 jours, avec arrêts à Hveravellir (sources chaudes au milieu du désert) et nuit à Kerlingarfjöll.
L'accès se fait uniquement en 4x4 à haute garde au sol, jamais en véhicule de tourisme classique : les assurances ne couvrent pas les dégâts sur F-roads, et les gués demandent une lecture précise du courant. Selon le profil et l'expérience des voyageurs, nous proposons soit la location d'un Land Cruiser ou Defender équipé avec briefing détaillé de notre équipe à Reykjavik, soit un guide-chauffeur qui prend en charge la navigation et les passages délicats. Pour Askja et la région du Holuhraun, qui demandent une journée pleine de piste depuis le nord, le guide est presque systématique.
Les températures restent fraîches même au cœur de l'été : 5 à 12°C en journée à Landmannalaugar en juillet, parfois 0°C la nuit, neige possible toute l'année au-dessus de 800 m. Le vent et la pluie horizontale sont la norme, et la météo bascule en une heure. C'est pour cela que nous calibrons les itinéraires avec une journée de battement, soit pour décaler une étape, soit pour profiter d'une fenêtre claire sur les massifs.
À découvrir
Landmannalaugar et ses rhyolites. Massif coloré au sud-ouest des Hautes Terres, avec bassin d'eau chaude naturelle à 36-40°C en sortie de camping. Boucle de 4 à 6 heures par Brennisteinsalda et Bláhnúkur pour avoir les contrastes de roches.
Trek du Laugavegur, 55 km en 4 jours. De Landmannalaugar à Þórsmörk, quatre étapes en refuge entre champs d'obsidienne, gués glaciaires et vallées de mousse. Réservation des skálar 6 à 9 mois à l'avance pour juillet-août.
Caldeira d'Askja et désert du Holuhraun. Une journée pleine de piste depuis Mývatn, avec le cratère Víti baignable et la coulée de lave de 2014 encore tiède par endroits. Zone uniquement accessible par guide aguerri aux gués de la Lindaá.
Kerlingarfjöll et la vallée de Hveradalir. Massif rhyolitique au centre exact de l'île, accessible par la F35. Marche de 3 heures dans une vallée où la vapeur sort du sol au milieu des congères persistantes.
Traversée Sprengisandur. 200 km de désert de cendre noire entre le sud et le nord, avec arrêts à Nýidalur et Aldeyjarfoss à la sortie. Une journée complète de piste qui donne la mesure du vide islandais.
Quand y aller
La fenêtre d'accès est étroite : les F-roads ouvrent généralement entre le 15 juin et le 5 juillet selon les massifs, et ferment entre le 10 et le 25 septembre. Pour Landmannalaugar et la F208, l'ouverture est souvent autour du 20-25 juin. Pour Askja et la F88, plutôt mi-juillet certaines années. En dehors de cette période, les Hautes Terres ne sont accessibles qu'en super-jeep modifiée avec guide spécialisé, et les conditions deviennent hivernales dès octobre.
Le cœur de saison se situe entre le 5 juillet et le 25 août : journées de 18 à 20 heures de clarté, températures de 8 à 14°C en journée à 600 m d'altitude, 3 à 8°C la nuit. Juillet reste pluvieux (80-100 mm sur le mois à Landmannalaugar), août un peu plus sec. Septembre, jusqu'au 15, offre une lumière rasante, les premières nuits sombres pour les aurores, et beaucoup moins de monde sur les sentiers, mais le risque de fermeture anticipée de piste par chute de neige existe. Nous déconseillons franchement la première quinzaine de juin : ouverture incertaine, gués gonflés par la fonte, refuges non encore en service.
Conseils pratiques
Compter 3 jours minimum pour une incursion type Landmannalaugar avec nuit sur place, 4 jours pour le trek Laugavegur complet, et 5 à 6 jours pour une vraie traversée nord-sud par Sprengisandur ou Kjölur avec détour Askja. Les Hautes Terres se combinent naturellement avec la Côte Sud (entrée par la F208 depuis Hella, sortie par Þórsmörk vers Skógar) ou avec le Nord et lac Mývatn (entrée ou sortie par la F26 ou la F88 vers Askja). Une combinaison cohérente sur 12 à 14 jours associe Reykjavik et Sud-Ouest, Côte Sud, traversée des Hautes Terres, puis Nord-Mývatn.
Le confort est rudimentaire : refuges en dortoirs de 12 à 30 lits avec sacs de couchage personnels, sanitaires partagés, cuisine commune. Quelques options en bungalow existent à Kerlingarfjöll et Hrauneyjar pour ceux qui veulent une chambre fermée. La région convient aux randonneurs autonomes habitués au camping, aux voyageurs 4x4 expérimentés, et aux contemplatifs qui acceptent l'inconfort en échange du silence et de la lumière. Nous la déconseillons aux familles avec enfants de moins de 10 ans (longues pistes secouantes, gués, météo brutale), sauf format court avec guide-chauffeur sur 1 à 2 jours depuis le sud.




