Fjords de l'Ouest

Péninsule la plus ancienne d'Islande, accessible de juin à septembre, à parcourir en 5 jours minimum pour ses fjords, ses falaises à macareux et ses bains géothermiques isolés.

Les Vestfirðir, ou Fjords de l'Ouest, forment une péninsule rattachée au reste de l'Islande par un isthme de sept kilomètres. Géologiquement, c'est la partie la plus ancienne du pays, environ 16 millions d'années, ce qui explique le relief découpé : une succession de fjords profonds creusés par les glaciers, séparés par des plateaux basaltiques culminant entre 500 et 900 mètres. La route 60, dite Vestfjarðavegur, longe la côte sur près de 950 kilomètres pour faire le tour complet, dont une portion encore en piste de gravier au sud entre Bíldudalur et Þingeyri.

Ísafjörður, 2 600 habitants, est la seule véritable ville et notre point de référence logistique. On y trouve un petit aéroport relié à Reykjavik par vol intérieur (40 minutes), un port d'où partent les bateaux vers la réserve de Hornstrandir, et les rares supermarchés de la péninsule. Les autres bourgs, Patreksfjörður au sud, Hólmavík à l'est, Suðureyri ou Flateyri sur la côte nord, comptent chacun quelques centaines d'âmes vivant de la pêche au cabillaud et à la crevette, ainsi que d'un tourisme estival encore mesuré.

Le caractère brut de la région tient à plusieurs facteurs cumulés. D'abord la météo : les fjords retiennent les masses nuageuses et reçoivent davantage de précipitations que le sud du pays, avec une amplitude de marée parmi les plus fortes d'Islande. Ensuite l'isolement : aucun glacier majeur, aucun volcan actif, mais des falaises maritimes qui plongent à pic de 400 à 500 mètres, comme à Látrabjarg, point le plus à l'ouest de l'Europe continentale hors archipels. Enfin une densité humaine de 1,2 habitant au kilomètre carré, contre une moyenne nationale déjà faible de 3,5.

La culture locale conserve une empreinte qui a disparu ailleurs sur l'île. À Hólmavík, le Musée de la sorcellerie islandaise documente les procès en sorcellerie du XVIIe siècle, particulièrement nombreux dans cette région où vingt hommes furent brûlés entre 1654 et 1690. À Bíldudalur, un petit musée est consacré aux monstres marins du fjord d'Arnarfjörður, qui occupent une place réelle dans les récits oraux jusqu'au début du XXe siècle. Le hákarl, requin fermenté que l'on goûte plutôt en hiver, et le harðfiskur, poisson séché au vent, restent ici des produits du quotidien et non des curiosités touristiques.

Sur le plan des paysages, la cascade de Dynjandi reste le repère le plus identifiable : une chute de 100 mètres en forme d'éventail, large de 30 mètres au sommet et de 60 mètres à la base, précédée de six cascades secondaires sur la même rivière. Plus au sud, la plage de Rauðisandur étire ses 10 kilomètres de sable rouge orangé, formé de coquillages broyés, à marée basse. Sur la côte nord, les bains naturels chauffés par géothermie de Reykjafjarðarlaug et de Krossneslaug se trouvent en bord de mer, à plusieurs heures de route de tout commerce. La réserve de Hornstrandir, abandonnée par ses derniers habitants en 1952, s'atteint uniquement en bateau depuis Ísafjörður et se parcourt à pied, sac au dos, sur des sentiers non balisés.

Économiquement, la péninsule vit encore largement de la mer. Suðureyri exploite un modèle de pêche traçable jour par jour, et l'on peut, sur réservation, suivre le retour des bateaux au petit matin et visiter la ligne de transformation. C'est ce type d'accès direct, plus que les sites cochés sur une carte, qui caractérise le voyage dans les Vestfirðir.

À découvrir

Cascade de Dynjandi en éventail. Une chute principale de 100 mètres précédée de six cascades plus modestes sur la même rivière, accessible par un sentier de 15 minutes depuis le parking de la route 60. Le grondement (dynjandi signifie « le tonitruant ») s'entend bien avant la première vue.

Falaises de Látrabjarg en juin-juillet. 14 kilomètres de falaises hautes de 400 à 440 mètres, où l'on observe macareux moines, guillemots et fous de Bassan à courte distance. Les macareux quittent les nids dès la mi-août, la fenêtre utile est donc étroite.

Plage rouge de Rauðisandur. 10 kilomètres de sable orangé issu de coquillages broyés, accessibles par une piste de montagne en lacets depuis Patreksfjörður. La couleur varie du beige au rouge profond selon la lumière et la marée.

Bain naturel de Krossneslaug. Bassin géothermique en bord de plage de galets, sur la côte des Strandir, à 75 kilomètres au nord de Hólmavík par une piste qui se termine en cul-de-sac. Eau à 38°C face à l'océan Arctique.

Réserve de Hornstrandir. Péninsule abandonnée en 1952, sans route ni habitant permanent, accessible en bateau depuis Ísafjörður de fin juin à mi-août. Treks de 3 à 6 jours en autonomie pour observer les renards polaires devenus peu farouches.

Quand y aller

La fenêtre praticable s'étend de mi-juin à début septembre. En juillet, les températures diurnes oscillent entre 9 et 13°C sur la côte, le soleil ne se couche réellement pas avant la fin du mois, et toutes les pistes secondaires (route 612 vers Látrabjarg, route 643 vers Krossneslaug, route 622 vers Selárdalur) sont ouvertes. Juin offre les meilleures conditions pour l'observation des oiseaux nicheurs à Látrabjarg et Hælavíkurbjarg, mais certaines pistes d'altitude ne sont déneigées qu'en toute fin de mois.

D'octobre à mai, la majorité des routes intérieures sont fermées et plusieurs cols (Hrafnseyrarheiði, Dynjandisheiði) deviennent impraticables sans 4x4 équipé. Les précipitations annuelles dépassent 2 000 mm sur le versant sud, contre 800 mm à Reykjavik, et les fjords se couvrent de neige dès novembre. Nous déconseillons la région en hiver hors projet spécifique aux aurores boréales depuis Ísafjörður, joignable par vol intérieur quand la route 60 est coupée. Les bateaux vers Hornstrandir ne fonctionnent qu'entre le 15 juin et le 31 août environ.

Conseils pratiques

Il faut compter 3 jours minimum pour un aperçu (Dynjandi, Látrabjarg, Rauðisandur en boucle sud), 5 jours pour inclure Ísafjörður et la côte nord des Strandir, 7 jours pour ajouter un trek de 3 jours à Hornstrandir. Les distances paraissent courtes sur la carte mais les routes contournent chaque fjord : 40 kilomètres à vol d'oiseau équivalent souvent à 120 kilomètres de conduite à 60 km/h de moyenne. Le point d'entrée le plus simple reste la route depuis Borgarnes par le tunnel de Hvalfjörður, soit 4h30 de Reykjavik jusqu'à Patreksfjörður. L'aéroport d'Ísafjörður est une alternative pour les voyageurs disposant de peu de temps.

La combinaison la plus cohérente est avec Reykjavik et le Sud-Ouest en début ou fin de circuit, ou en boucle complète avec le Nord et lac Mývatn par la route 1 en passant par Hvammstangi. Coupler avec les Hautes Terres ou les Fjords de l'Est dans un même voyage demande au minimum 18 à 21 jours sur place. La région convient aux voyageurs autonomes, randonneurs, photographes et amateurs de paysages côtiers peu fréquentés. Le confort reste rustique : guesthouses familiales, fermes-auberges, deux ou trois hôtels de catégorie supérieure à Ísafjörður et Patreksfjörður. Notre équipe à Reykjavik réserve les hébergements 6 à 9 mois à l'avance pour juillet, l'offre étant limitée.

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