Côte Sud
400 km de cascades, glaciers et plages noires entre Hveragerði et Höfn, avec le lagon de Jökulsárlón et les orgues basaltiques de Reynisfjara comme points d'orgue.
La côte sud déroule 400 kilomètres entre Hveragerði, aux portes de la capitale, et Höfn, dernier port avant les fjords de l'Est. C'est la bande littorale la plus accessible du pays, traversée d'ouest en est par la route 1, et sans doute celle qui concentre la plus forte densité de paysages contrastés : cascades, plages de sable noir, langues glaciaires, lagons d'icebergs et plaines de sandur formées par les crues volcaniques.
Géologiquement, cette côte vit sous l'influence directe des volcans sous-glaciaires. Le Katla, tapi sous la calotte du Mýrdalsjökull, et l'Eyjafjallajökull, dont l'éruption de 2010 a paralysé le trafic aérien européen, dominent l'arrière-pays de Hvolsvöllur et Vík. Plus à l'est, le Vatnajökull, plus grande calotte glaciaire d'Europe avec 7 700 km², envoie ses bras descendre jusqu'à 100 mètres d'altitude. Cette tectonique permanente explique les sandurs : ces immenses étendues plates de sable et galets, comme le Skeiðarársandur, balayées par les jökulhlaups, ces crues brutales qui suivent les éruptions sous-glaciaires.
Côté villages, Hveragerði exploite la géothermie pour ses serres maraîchères, qui produisent tomates et concombres à 64 degrés de latitude nord. Vík í Mýrdal, 750 habitants, est le plus méridional du pays et sert de halte centrale, à mi-chemin entre Reykjavik et Höfn. Kirkjubæjarklaustur, ancien couvent fondé en 1186, marque l'entrée dans la région du Vatnajökull. Höfn, port de pêche de 2 400 habitants, est réputé pour ses langoustines pêchées dans le fjord de Hornafjörður, servies grillées au beurre dans les restaurants du port.
Sur la route, deux cascades emblématiques tombent à quelques kilomètres l'une de l'autre : Seljalandsfoss, derrière laquelle un sentier permet de passer, et Skógafoss, large de 25 mètres, dont l'embrun forme un arc-en-ciel quasi permanent les jours de soleil. Plus loin, la plage de Reynisfjara, près de Vík, aligne ses orgues basaltiques face aux aiguilles de Reynisdrangar. Nous insistons sur un point auprès de tous les voyageurs que nous accompagnons : les vagues sneaker y emportent des personnes chaque année, parfois mortellement. La règle est de rester à 30 mètres minimum de la ligne d'écume, dos jamais tourné à l'océan.
L'autre temps fort se joue à l'est, dans le parc national de Vatnajökull. Le lagon glaciaire de Jökulsárlón s'est formé à partir des années 1930, lorsque le glacier Breiðamerkurjökull a commencé à reculer. Des icebergs s'en détachent en permanence, dérivent vers l'océan par un chenal court, et viennent s'échouer sur Diamond Beach, où le sable noir contraste avec la glace bleue. À quelques kilomètres, le lagon voisin de Fjallsárlón, plus petit et moins fréquenté, offre une vue frontale sur le front glaciaire.
Région la plus parcourue du pays, la côte sud reste cependant peu peuplée : moins de 10 000 habitants se répartissent sur ces 400 kilomètres. L'économie repose sur le tourisme, l'élevage ovin et la pêche côtière. Hors saison, beaucoup de fermes proposent des hébergements en gîte, où l'on dîne d'agneau fumé, de poisson séché ou de skyr nappé de myrtilles sauvages cueillies en août.
À découvrir
Seljalandsfoss et Skógafoss en bord de route. Deux chutes de 60 mètres séparées de 30 km, accessibles en quelques minutes depuis la route 1. Derrière Seljalandsfoss, un sentier glissant fait le tour complet du rideau d'eau.
Reynisfjara et les orgues basaltiques. Plage de sable noir près de Vík, encadrée de colonnes de basalte hexagonales et face aux aiguilles de Reynisdrangar. Vagues sneaker dangereuses, à observer depuis le haut.
Jökulsárlón et Diamond Beach. Lagon glaciaire né du recul du Breiðamerkurjökull, où dérivent des icebergs détachés du front. À 200 mètres, les blocs s'échouent sur le sable noir de Diamond Beach.
Marche sur le glacier Sólheimajökull. Langue glaciaire accessible depuis la route 1, parcourue avec crampons et piolet en compagnie d'un guide. Sortie de 3 heures sur séracs, moulins et crevasses bleues.
Langoustines de Höfn au retour du port. Pêchées dans le fjord de Hornafjörður, servies grillées au beurre d'ail dans les restaurants du quai. Festival annuel humarhátíð fin juin ou début juillet.
Quand y aller
La côte sud se visite toute l'année, mais le ressenti change radicalement selon la saison. De juin à août, les températures oscillent entre 10 et 15 degrés en journée, le jour ne se couche quasiment pas en juin, et les routes secondaires (F228 vers Þórsmörk par exemple) sont ouvertes. C'est la haute saison touristique, avec une fréquentation soutenue sur les sites majeurs entre 10h et 17h. De mai et septembre offrent un bon compromis : moins de monde, lumières rasantes, premières aurores possibles dès fin août.
De novembre à mars, la côte sud reste accessible grâce au passage régulier des chasse-neige sur la route 1, et c'est la saison des aurores boréales et des grottes de glace dans le Vatnajökull. Les températures tournent autour de 0 à 3 degrés en journée, avec des vents fréquents à plus de 80 km/h qui ferment ponctuellement la route. Il faut accepter 4 à 6 heures de jour seulement en décembre et janvier, et consulter quotidiennement les sites vedur.is et road.is pour adapter le programme.
Conseils pratiques
Nous recommandons 3 à 4 jours minimum pour parcourir la côte sud sans la traverser au pas de course, avec une nuit à Vík ou Kirkjubæjarklaustur et une nuit dans la région de Höfn. En descendant à deux jours, on sacrifie soit le secteur du Vatnajökull, soit les arrêts secondaires comme le canyon de Fjaðrárgljúfur ou la pointe de Dyrhólaey. Le point d'entrée est l'aéroport international de Keflavík, à 50 km de Reykjavik, d'où l'on rejoint Hveragerði en 45 minutes.
La côte sud se combine naturellement avec la région de Reykjavik et le Sud-Ouest en début de circuit, et avec les Fjords de l'Est en prolongement vers le nord depuis Höfn. Pour un tour complet de l'île, comptez 12 à 14 jours en intégrant Mývatn et le nord. La région convient à tous les profils : familles avec enfants (les sites principaux sont accessibles sans marche longue), contemplatifs (lagons et plages), et randonneurs qui pousseront jusqu'à Þórsmörk ou sur le glacier Sólheimajökull avec un guide certifié. L'hébergement va du guesthouse de ferme à 4 chambres aux hôtels de 80 chambres de la chaîne Fosshótel ; nous adaptons selon la saison et le rythme demandé.




